Lorsque
sont évoqués les pères du Centre de Formation du FC Nantes, un nom revient
sans cesse : celui de Guelso Zaetta, membre d'honneur d'A la nantaise.
Lui qui a marqué l'histoire du FCN continue quoiqu'il advienne, à 79
ans, de se soucier de l'avenir de son club et de la promotion de ses valeurs.
Parce qu'elles n'appartiennent pas au passé mais sont intemporelles,
tout simplement.
Georges Amiand a la conviction que l'identité du FC Nantes constitue le socle sur lequel le club doit s'appuyer pour mieux se reconstruire. Partagez-vous cette idée ?
Bien sûr, et ce socle, c'est notre Centre de formation ! Dans notre histoire, ce qui a fait notre succès, c'est que nos équipes étaient composées principalement de jeunes joueurs formés au club et efficacement encadrés. Ces dernières saisons, ce n'était plus le cas. Il faut retrouver notre identité, elle qui a fait notre force et sur laquelle il faut compter pour l'avenir.
Votre histoire avec le FC Nantes remonte à 1957. Racontez-nous.
Prêté par Angers, je suis arrivé au FCN durant la saison 1957-1958. Je suis ensuite retourné à Angers, puis je suis allé à Besançon avant de retrouver le FC Nantes, tout juste monté en première division, pour devenir entraîneur-joueur de l'équipe réserve et adjoint de José Arribas.
Parlez-nous de ce dernier…
Un gars formidable ! C'est celui qui m'a appris le métier… Il savait ce qu'il voulait, et les gens adhéraient. Il nous a tout inculqué, c'est lui, le vrai père fondateur… Avec José, le FC Nantes a été précurseur dans le domaine de la formation, tout a commencé avec lui et sa volonté de faire ce que l'on pourrait aujourd'hui appeler de la « pré-formation ». On a fait venir des jeunes, puis on a mis en route le Centre. Coco a pris la réserve et moi, j'ai pris en charge la section amateur. Nous nous sommes alors évertués à défendre les valeurs du collectif, à promouvoir la technique mais aussi la volonté, l'envie de gagner. « La grinta », comme nous disions avec Coco suite à notre voyage à Milan, en 1982, pour observer le Centre de formation de l'Inter…
Jean-Claude Suaudeau, un autre personnage qui a bouleversé l'histoire du club canari…
C'était le fils spirituel de José Arribas, indiscutablement. Un technicien, qui a su amener quelque chose, tout comme Raynald Denoueix a su amener quelque chose à son tour. Mais toujours, tel un fil conducteur, le même style, notre style…
Le jeu à la nantaise, ça marcherait encore ?
Si on l'appliquait, ça fonctionnerait, bien sûr ! Aujourd'hui je suis frustré, je ne vois plus le mouvement qu'on voyait auparavant et j'ai du mal à me reconnaître dans ce club. J'espère qu'avec les éducateurs actuellement en place cela va revenir. Une finale de Gambardella il y a deux ans, une demi-finale la saison dernière : il y a encore des valeurs au Centre de formation. Avec nos victoires en Gambardella en 1974 et 1975 – mes plus beaux souvenirs en tant qu'entraîneur, bien évidemment -, six joueurs, et pas des moindres, étaient sortis professionnels ! Il faut retrouver nos principes car c'est la solution qui permettra à l'équipe première de retrouver au plus vite le sens du jeu…
Pensez-vous que le FC Nantes est le patrimoine de ceux qui, comme vous, l'ont façonné et lui ont donné son identité si singulière ?
Je le pense complètement. Avec près de trente ans passés au club, le FC Nantes fait partie de moi. Nous, les anciens, nous avons fait la formation, nous avons joué professionnels… Or, ces dernières années, on ne nous a jamais rien demandé… Nous ne sommes pas là pour critiquer mais pour permettre au club de retrouver le jeu, la manière et la volonté de gagner…
Vous avez adhéré à A la nantaise, pourquoi ?
Parce qu'il s'agit de défendre les valeurs du FC Nantes et que je suis complètement d'accord avec ça. Il faudrait avoir le droit à la parole… Sans animosité et de manière constructive, ce que l'on préconise doit permettre de retrouver à Nantes une équipe digne de notre histoire…
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